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Impressions Sauvages. À propos de Sauvage de Camille Vidal Naquet.

Léo, haletant, suffocant, court. Il s’arrête parfois sur sa route. De simples arrêts, de simples stops qui brûlent et qui abîment. Comme dirait Rimbaud, il a deux trous rouges au côté droit, mais lui, il court, toujours. Ce n’est pas un dormeur du val, c’est un vivant mortifié, c’est un vivant en manque de ce que l’alternatif ne lui apportera jamais. Courir, baiser, souffrir... Terrible cercle striée de douleur, striée de l’urgence du néant et du chaos. Et soudain, tout le monde me manque... La rue avale tout entier, la rue recrache avec dédain.  La douceur perce parfois dans la pire noirceur, dans la pire violence. Mais que vaut-elle si elle enchaîne ? Que vaut-elle si elle n’est pas assez limpide pour combler le manque ? Il reste la liberté, la liberté dont on trace chaque lettre dans la crasse et la fureur. La liberté brûlante, pressante, plus sauvage encore que ce qu’on nomme « amour ». Et pourtant... « T’es fait pour être aimé toi ».... Sauvage frappe dans la poitrine a...

De l'alchimie de l'image. Rencontre avec Bertrand Mandico

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De l'alchimie de l'image. Rencontre avec Bertrand Mandico. Les films de Bertrand Mandico se lisent comme des fresques infinies où se côtoieraient amour du cinéma, métaphores lyriques et bouillonnement esthétique. Ils apprennent à faire leur chemin en nous, bâtissant un souterrain de questionnements et de fascination. Leur auteur, dont le mot "artiste" semble greffer de manière indélébile sous chaque pore de la peau, est tout aussi fascinant à écouter, usant de métaphores à l'image de ses œuvres : hypnotiques et oniriques. Rencontre... La façon que vous avez de faire parler vos personnages se révèle très souvent fortement hypnotique (je pense notamment à Vimala Pons, dans Ultra Pulpe ). Comment développez-vous ce phrasé très littéraire/théâtral ? Je laisse courir mon stylo, ou mon clavier (tout dépend du support sur lequel j’écris), et ce sont mes mains qui me… C’est un peu étrange de raconter ça comme ça ! Mais ce sont mes mains qui me dictent ces mots...

Spectres littéraires, spectres d'amour. 19 Juin, un court-métrage d'Anaïs Tellenne.

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Spectres littéraires, spectres d'amour. 19 Juin, un court-métrage d'Anaïs Tellenne.  La plume effleure la page vide du présent, le spectre fait couler l’encre du passé. Sand écrit, les tripes à l’air libre, Musset hante, Chopin reste (ou serait-ce peut-être l’inverse ?). Elle et Lui, Elle sans Lui, Elle pour Lui. Trois âmes se frôlent, se croisent, s’entrecroisent, incapables de vivre dans le même espace temps, à l’instar des amours qui s’entrechoquent. Moderniser l’historique, rendre un flamboyant hommage, parler d’une figure admirée en l’incarnant avec toute la grâce qui incombe à la tâche. Sublimer des plans séquences au détour d’une voix OFF envoûtante et bouleversante. Rendre à la lumière naturelle sa place, celle qui éclaire les maux des êtres, les enveloppe de la lumière à la température équivalente à leurs émotions et à leurs sentiments. Faire d’un plan fixe au cœur de la nuit, un tableau inoubliable. Contemporanéité rimant avec immersion subtile ...

Une détonation dans la vision. Un Couteau Dans Le Coeur, de Yann Gonzalez.

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Il faut entrer dans la nuit, il faut accepter d’être bousculé, mal à l’aise et dérangé, il faut apprécier la puissance et la fascination que la naissance d’un style visuel, sensoriel, et hybride a la générosité de nous offrir.  Les êtres se frôlent, s’évitent et s’abreuvent mutuellement de souffrance. Car il ne faut pas s’y tromper, la crudité explicite avec laquelle les corps se mêlent sauvagement n’exprime jamais, dissimule plutôt, la détresse et la solitude qui bouffe de l’intérieur, sans un bruit, si ce n’est celui des dialogues qui résonnent du fond d’une cabine téléphonique.  Les néons éclairent les maux silencieux, noient les amours perdus.  Le sexe se montre, le tueur se cache.  Le Giallo se promène à travers la pellicule, laissant parfois la place au thriller, et même à la comédie, qui naît ingénieusement du malaise ressenti.  La pellicule est inondée de l’amour de son réalisateur pour elle et pour le septième art. Un réalisateur dont l’au...

Festival Cannes 2018. Une déclaration. Ma déclaration...

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Festival Cannes 2018. Une déclaration. Ma déclaration... Il est des attentes si incommensurables, si immenses et si hallucinantes, que l’on finit par se convaincre que, lorsque viendra enfin le moment de vivre cet instant, celles-ci seront, sinon déçues, du moins pas si comblées qu’on aurait pu l’espérer. Et pourtant… Festival Cannois, je t’ai aimé enfant, avec mes premiers rêves de cinéma et mes naïfs « Pourquoi pas moi ? ». Festival, je t’ai aimé avec rage et tristesse en grandissant, car je ne supportais plus de ne pouvoir te vivre qu’à distance. Et pourtant… Cannes, je ne t’ai jamais aimé autant que cette année. Tu m’as offert, au sein de ma passion dévorante, mes plus beaux sourires, mes yeux les plus écarquillés, mes larmes les plus abondantes à ton seul contact empreint de magie. Magie qui a ainsi su élever mes attentes mes attentes les plus folles en me murmurant que le rêve est parfois une part de la réalité, la plus belle car la plus passionnée. Retour, subjectif et ...

"On ne naît pas femme, on le devient". Les Garçons Sauvages, de Bertrand Mandico.

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"On ne naît pas femme, on le devient." Chronique, Les Garçons Sauvages  de Bertrand Mandico. J’ai embarqué à bord d’un navire prometteur en sachant qu’il m’emmènerait loin, mais en ignorant tout de sa terre d’exil. Sans idées aucune du sol que j’allais fouler. Comment aurait-ce été possible alors que le sable même qui le constitue trouve sa forme dans l’enchevêtrement audacieux des grains si singuliers issus de l’esprit bouillonnant d’un artiste ? A la sortie de cette salle, que j’aurais juré cru voir tanguer et être dévorée par une forêt étrangement luxuriante, Capitaine, je puis vous l’assurer, j’avais l’étrange sensation d’avoir gouté à un fruit défendu, inconnu (mais pas ceux du film , non !). Cette salle, pour tout vous dire, j’ai un temps pensé à la quitter, si dérangée que j’étais à la vue d’un érotisme souvent glauque et perturbant qui m’est inconnu. Seulement, dans toute sa si puissante beauté et audace formelle particulièrement, le film a tellem...

La pureté se mouvant en une forme... The Shape Of Water, de Guillermo Del Toro.

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La pureté se mouvant en une forme... The Shape Of Water, de  Guillermo Del Toro.  Mon regard s’est empli de larmes incontrôlables devant tant de pureté… Pur, si pur, The Shape Of Water a la douceur du regard d’un cinéaste qui a gardé la vision d’un enfant. Un enfant se perdant tendrement dans la frontière poreuse qui sépare l’imaginaire, des formes de l’ordinaire. Du matériau obtenu aux confins de ces deux espaces, il façonne, de ses grandes mains de conteur, une œuvre. Une œuvre qui s’élève grâce à la beauté de sa forme, visuelle justement, qui n’en finit pas de se mouvoir pour mieux coller aux trajectoires des « égarés » qui peuplent cet univers. Les égarés, les « en-dehors », les solitaires, les introvertis, les inco mpris, les rêveurs… En bref, les êtres, aux blessures insondables aux maux (et aux mots) silencieux/inaudibles qui ne sont jamais aussi beaux que lorsqu’ils se trouvent, ou plutôt devrait-on dire, se retrouvent. Dans une étrei...