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De l'alchimie de l'image. Rencontre avec Bertrand Mandico

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De l'alchimie de l'image. Rencontre avec Bertrand Mandico. Les films de Bertrand Mandico se lisent comme des fresques infinies où se côtoieraient amour du cinéma, métaphores lyriques et bouillonnement esthétique. Ils apprennent à faire leur chemin en nous, bâtissant un souterrain de questionnements et de fascination. Leur auteur, dont le mot "artiste" semble greffer de manière indélébile sous chaque pore de la peau, est tout aussi fascinant à écouter, usant de métaphores à l'image de ses œuvres : hypnotiques et oniriques. Rencontre... La façon que vous avez de faire parler vos personnages se révèle très souvent fortement hypnotique (je pense notamment à Vimala Pons, dans Ultra Pulpe ). Comment développez-vous ce phrasé très littéraire/théâtral ? Je laisse courir mon stylo, ou mon clavier (tout dépend du support sur lequel j’écris), et ce sont mes mains qui me… C’est un peu étrange de raconter ça comme ça ! Mais ce sont mes mains qui me dictent ces mots...

Spectres littéraires, spectres d'amour. 19 Juin, un court-métrage d'Anaïs Tellenne.

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Spectres littéraires, spectres d'amour. 19 Juin, un court-métrage d'Anaïs Tellenne.  La plume effleure la page vide du présent, le spectre fait couler l’encre du passé. Sand écrit, les tripes à l’air libre, Musset hante, Chopin reste (ou serait-ce peut-être l’inverse ?). Elle et Lui, Elle sans Lui, Elle pour Lui. Trois âmes se frôlent, se croisent, s’entrecroisent, incapables de vivre dans le même espace temps, à l’instar des amours qui s’entrechoquent. Moderniser l’historique, rendre un flamboyant hommage, parler d’une figure admirée en l’incarnant avec toute la grâce qui incombe à la tâche. Sublimer des plans séquences au détour d’une voix OFF envoûtante et bouleversante. Rendre à la lumière naturelle sa place, celle qui éclaire les maux des êtres, les enveloppe de la lumière à la température équivalente à leurs émotions et à leurs sentiments. Faire d’un plan fixe au cœur de la nuit, un tableau inoubliable. Contemporanéité rimant avec immersion subtile ...

Une détonation dans la vision. Un Couteau Dans Le Coeur, de Yann Gonzalez.

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Il faut entrer dans la nuit, il faut accepter d’être bousculé, mal à l’aise et dérangé, il faut apprécier la puissance et la fascination que la naissance d’un style visuel, sensoriel, et hybride a la générosité de nous offrir.  Les êtres se frôlent, s’évitent et s’abreuvent mutuellement de souffrance. Car il ne faut pas s’y tromper, la crudité explicite avec laquelle les corps se mêlent sauvagement n’exprime jamais, dissimule plutôt, la détresse et la solitude qui bouffe de l’intérieur, sans un bruit, si ce n’est celui des dialogues qui résonnent du fond d’une cabine téléphonique.  Les néons éclairent les maux silencieux, noient les amours perdus.  Le sexe se montre, le tueur se cache.  Le Giallo se promène à travers la pellicule, laissant parfois la place au thriller, et même à la comédie, qui naît ingénieusement du malaise ressenti.  La pellicule est inondée de l’amour de son réalisateur pour elle et pour le septième art. Un réalisateur dont l’au...

Festival Cannes 2018. Une déclaration. Ma déclaration...

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Festival Cannes 2018. Une déclaration. Ma déclaration... Il est des attentes si incommensurables, si immenses et si hallucinantes, que l’on finit par se convaincre que, lorsque viendra enfin le moment de vivre cet instant, celles-ci seront, sinon déçues, du moins pas si comblées qu’on aurait pu l’espérer. Et pourtant… Festival Cannois, je t’ai aimé enfant, avec mes premiers rêves de cinéma et mes naïfs « Pourquoi pas moi ? ». Festival, je t’ai aimé avec rage et tristesse en grandissant, car je ne supportais plus de ne pouvoir te vivre qu’à distance. Et pourtant… Cannes, je ne t’ai jamais aimé autant que cette année. Tu m’as offert, au sein de ma passion dévorante, mes plus beaux sourires, mes yeux les plus écarquillés, mes larmes les plus abondantes à ton seul contact empreint de magie. Magie qui a ainsi su élever mes attentes mes attentes les plus folles en me murmurant que le rêve est parfois une part de la réalité, la plus belle car la plus passionnée. Retour, subjectif et ...

"On ne naît pas femme, on le devient". Les Garçons Sauvages, de Bertrand Mandico.

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"On ne naît pas femme, on le devient." Chronique, Les Garçons Sauvages  de Bertrand Mandico. J’ai embarqué à bord d’un navire prometteur en sachant qu’il m’emmènerait loin, mais en ignorant tout de sa terre d’exil. Sans idées aucune du sol que j’allais fouler. Comment aurait-ce été possible alors que le sable même qui le constitue trouve sa forme dans l’enchevêtrement audacieux des grains si singuliers issus de l’esprit bouillonnant d’un artiste ? A la sortie de cette salle, que j’aurais juré cru voir tanguer et être dévorée par une forêt étrangement luxuriante, Capitaine, je puis vous l’assurer, j’avais l’étrange sensation d’avoir gouté à un fruit défendu, inconnu (mais pas ceux du film , non !). Cette salle, pour tout vous dire, j’ai un temps pensé à la quitter, si dérangée que j’étais à la vue d’un érotisme souvent glauque et perturbant qui m’est inconnu. Seulement, dans toute sa si puissante beauté et audace formelle particulièrement, le film a tellem...

La pureté se mouvant en une forme... The Shape Of Water, de Guillermo Del Toro.

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La pureté se mouvant en une forme... The Shape Of Water, de  Guillermo Del Toro.  Mon regard s’est empli de larmes incontrôlables devant tant de pureté… Pur, si pur, The Shape Of Water a la douceur du regard d’un cinéaste qui a gardé la vision d’un enfant. Un enfant se perdant tendrement dans la frontière poreuse qui sépare l’imaginaire, des formes de l’ordinaire. Du matériau obtenu aux confins de ces deux espaces, il façonne, de ses grandes mains de conteur, une œuvre. Une œuvre qui s’élève grâce à la beauté de sa forme, visuelle justement, qui n’en finit pas de se mouvoir pour mieux coller aux trajectoires des « égarés » qui peuplent cet univers. Les égarés, les « en-dehors », les solitaires, les introvertis, les inco mpris, les rêveurs… En bref, les êtres, aux blessures insondables aux maux (et aux mots) silencieux/inaudibles qui ne sont jamais aussi beaux que lorsqu’ils se trouvent, ou plutôt devrait-on dire, se retrouvent. Dans une étrei...

Festival Viva Patrimoine, l'empreinte de l'art sur le temps (ou peut-être l'inverse...)

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En cette fin de janvier 2018, au cœur de Valence, il est possible de constater une effervescence toute particulière, une foule empressée franchissant avec entrain les portes du Lux Scène Nationale. Nous nous approchons alors un peu, nous nous interrogeons… Mais bien évidemment, nous réagissons de suite à l’évocation de l’événement que l’on nomme : « Festival Viva Patrimoine » et dont cette nouvelle année vient marquer la cinquième édition ! Viva Patrimoine en quelques mots introductifs, c’est un festival bien spécial qui a pour noble objectif de mettre à nouveau la lumière sur les chefs d’œuvre cinématographiques d’autrefois, qui ont en tout cas marqué l’histoire du septième art d’une manière ou d’une autre. C’est aussi l’histoire d’un défi, celui de mêler le passé au contemporain, d’allier les œuvres classiques à de nouveaux outils modernes pour mieux en révéler toute la richesse et la faculté à traverser les époques. En bref, c’est exposer le patrimoine du...